Prêt à prendre ta dose d’inspiration ? Si l’aventure ne te fait pas peur, tu as au moins un point commun avec Matthieu Tordeur. Et si t’aimes les projets un peu fou, ça tombe bien, nous aussi ! On ne peut que te conseiller cet article 😉

Matthieu Tordeur, le plus jeune explorateur français

Matthieu Tordeur, ce nom t’es peut être familier, tu as potentiellement déjà croisé une de ses aventures. Que tu le découvres ou non, nous avons posé quelques questions à ce jeune aventurier qui ne manque pas d’ambition, à l’image de son dernier projet d’expédition « Objectif Pôle Sud » (voir ci-après). Les expéditions et les aventures, disons que ça le connait. Matthieu n’est d’ailleurs pas pour rien le plus jeune membre de la prestigieuse Société des Explorateurs Français (SEF) fondée en 1937 par des pionniers de l’exploration tels que Paul-Émile Victor, Louis Liotard et Jacques-Yves Cousteau.
Aventurier, explorateur, voyageur, globe trotter, qualifiez le comme vous voulez. Auteur d’expéditions extrêmes sur les 5 continents, Matthieu Tordeur a grimpé, nagé, roulé, navigué et voyagé sur près de 100 000 kilomètres.

Nous l’avons arrêté dans la dernière ligne droite de « l’expédition de toute une vie ». Savourez.

Matthieu-Tordeur-explorateur

Pour toi qu’est-ce qu’un « explorateur » ?

C’est une question qui m’est souvent posée. A vrai dire, je me considère plus comme un “aventurier” qu’un « explorateur ». Explorateur pour moi c’est un peu les premières personnes qui sont parties explorer le monde, financées par leur propre gouvernement. Ils ont permis de découvrir des continents, des pays, des lieux jusqu’alors inexplorés. Aujourd’hui, c’est terminé, même s’il reste encore des choses à découvrir (et heureusement), ce n’est pas comparable  ! Aujourd’hui je vois plus les explorateurs comme des aventuriers qui contribuent à faire avancer les connaissances scientifiques et géographiques.

Explorer, chez toi c’est un besoin ? une passion ? une vocation ?

Je ne sais pas si c’est un besoin, je dirais que c’est plutôt une passion. Ça a commencé assez jeune en fait. Mon premier grand voyage, c’était la traversée de l’Europe de l’Est à vélo, seul. J’avais 19 ans, c’était juste après avoir passé mon bac. S’en est suivi d’autres voyages : à pieds, en 4L, en kayak… Lorsque je fais un voyage, il y a souvent des objectifs derrière. Par exemple, lorsque j’ai fait le tour du monde en 4L (2013/2014), c’était pour promouvoir le microcrédit avec mon ami Nicolas Auber.
Donc oui, c’est plutôt une passion, l’envie de découvrir, de rencontrer.matthieu-tordeur-4L

Comment t’es venu cette soif de découvertes ?

Heu… En remontant assez loin dans l’histoire, je pense que c’est en lisant les “tintins”. Ça a été une première ouverture sur le monde… Tintin il va au Tibet, sur la lune, au Congo, en Amérique, etc. C’est assez fascinant, surtout en lisant ça petit. Découvrir tous ces pays, toutes ces langues, ça donne envie d’en savoir plus et d’y aller ! Après, cette soif de découvertes je la dois aussi à mes parents avec qui je faisais au moins un voyage par an accompagnés de mes frères et soeurs.
Et dès que j’ai eu la possibilité, j’ai volé de mes propres ailes et j’ai très vite pris goût aux voyages et aux aventures, à tel point que je n’ai jamais arrêté 😉

Objectif Pôle Sud, expédition en Antarctique

Tu prépares un énorme défi en Novembre prochain, « Objectif Pôle Sud », tu veux nous en parler ?

Objectif Pôle Sud* c’est mon tout dernier projet. L’idée est de partir de la côte du continent Antarctique jusqu’au pôle Sud en solitaire, sans assistance, à ski (sans voile) et en autonomie totale (je pars avec de la nourriture pour 50 jours). Le départ d’objectif Pôle Sud se fera le 11 Novembre prochain. C’est un projet auquel je pense depuis longtemps. Je travaille dessus depuis plus d’un an et demi. Ça a demandé beaucoup de temps car logistiquement c’est très complexe et coûteux.

*Pour la petite anecdote, le nom de l’expédition « Objectif Pôle Sud » est un clin d’oeil à la BD Tintin “Objectif lune” (cf question précédente)objectif-pole-sud-matthieu-tordeur

Comment prépare t’on une telle expédition ?

Beaucoup d’entrainements dans des conditions similaires, souvent accompagnés de professionnels qui connaissent les conditions extrêmes et qui donnent de précieux conseils pour que tout se passe au mieux.
Il y a aussi forcément de l’entrainement physique. Sans être un « athlète », il faut avoir une bonne condition physique. Je fais par exemple des courses type Ironman (L’Ironman est dans le langage commun du triathlon le nom donné à l’un des plus longs formats de la discipline), cela m’habitue à l’ultra-endurance. Mais je ne pars pas pour faire un record de temps, donc pas de pression particulière par rapport à ça !

Il y a également l’entrainement mental : s’entrainer à être seul. Bien se connaitre, savoir comment on réagit dans telle ou telle situation. C’est primordial d’être prêt dans sa tête.

Un étape très importante aussi c’est la préparation du matériel, tout doit être optimisé pour qu’il n’y ait aucun problème matériel pendant l’expédition.

Et bien sûr, il y a la communication, la recherche de partenariats (4 gros partenaires soutiennent le projet : les montres Charlie Paris, Michel et Augustin, le département de Seine Maritime, DNP Photos Imaging et de nombreux autres…).

Qu’appréhendes-tu le plus ?

Le plus… les crevasses. Quand t’es en solitaire c’est un vrai problème. J’ai bien repéré grâce à des cartes. J’ai les coordonnées GPS exactes. Je vais devoir être très vigilant.

Après je me suis préparé, je me sens prêt, vraiment.

Seule chose, je ne connais pas la solitude pendant 50 jours. J’ai jamais été seul aussi longtemps mais je pense que c’est une appréhension assez positive.

Penses-tu à l’échec ?

Pour moi, dans tous les cas, il n’y aura pas vraiment d’échec. Evidemment ça sera une énorme déception si je n’arrive pas au bout. Quoi qu’il arrive ça sera une aventure extraordinaire. Je suis assez attaché à le faire en autonomie totale, mais si jamais j’ai besoin d’appeler à l’aide je le ferai. L’échec est possible parce qu’il y a beaucoup de paramètres qui peuvent compliquer le projet. Ce qu’il faut c’est connaître les risques et les maitriser. Avoir des plans B. objectif-pole-sud-matthieu-tordeur-aventure

Voilà donc une bien belle rencontre, certainement l’un des témoignages les plus marquants rédigés sur having fun. De l’audace, de la curiosité, de la passion et de la détermination. Tout ce qu’on aime. Et tout ce qui permettra la réussite de cette incroyable expédition. Belle continuation à toi Matthieu, le Pôle Sud n’a jamais été aussi proche !

Pour suivre les aventures de Matthieu Tordeur :
https://www.instagram.com/matthieutordeur
https://www.facebook.com/MatthieuTordeurAventure
www.objectifpolesud.com

T’aimes le froid, t’aimes les explorations ? Prolonge ta lecture en découvrant le projet « La voie du Pôle » 😉