Made in « France** »

Parlons de la tendance du made in France, du made in Europe ou toutes autres « made in » valorisant et montrant que le produit est fabriqué localement. Disons « localement » en opposition à un produit fabriqué en Chine, au Bangladesh ou en Inde. T’as peut être aussi senti cet élan du bleu blanc rouge.

Plutôt cool non que ça entreprenne et que ça relocalise ? Un grand OUI ! Ça prouve qu’on sait faire de belles choses en France, que c’est encore possible de le faire. Au delà de l’impact économique que peuvent avoir les entreprises qui ont décidé de fabriquer localement, parlons plutôt de l’aspect social. Une entreprise qui fabrique en France ou en Europe doit en principe suivre des règles et respecter des lois. Notamment sur les conditions de travail (sécurité, rémunération, horaires, âge minimum…).
Consommer chez une marque produisant localement, c’est faire travailler des entreprises qui n’emploient pas d’enfants, qui n’exploitent pas leurs salariés jour et nuit et qui ne les font pas travailler dans des conditions ne nuisant pas à leur santé et ne les mettant pas en danger.
Alors bien sur que le « made in France » laisse rêveur, mais attention de ne pas te (faire) tromper.

La folie des jeux de mots

Les tendances ont des limites. Elles offrent surtout des opportunités de business. La folie du « Made in France » est aussi une vaste étendue de jeux de mots. A l’image de celui-ci qui revient souvent : « Designé et assemblé dans le Sud Ouest »* (*mais fabriqué en Chine) ou encore de celui-là « Imaginés avec amour depuis nos ateliers ». Ce discours est un brin marketé, imaginé par une équipe de communicants cherchant l’accroche idéale pour faire sentir la bonne odeur d’une fabrication locale, d’un savoir faire artisanal transmis de génération en génération en tentant de murmurer un beau « Cocorico » à l’oreille du consommateur. Il suffit d’une simple lecture de l’étiquette sur le produit ou de quelques recherches sur internet pour comprendre que le beau discours n’est qu’une belle vitrine cachant une coquille bien vide.

Le « Made how »

Au delà du « Made in » c’est le « Made how ». En partant du principe que certains pays sont plus à même de fabriquer, de travailler certaines matières, il se peut que le « Made in France » ne soit pas approprié tout le temps.
La Chine est notamment le pays où sont fabriqués les pulls en cachemire et en soie, parce que les matières premières se situent là-bas. Pour la même raison, c’est au Pérou qu’est confectionné l’alpaga. Autre exemple, l’île Maurice a acquis un savoir-faire dans le tricot.
La logique du « Made how » c’est de se renseigner sur la provenance du produit mais surtout sur la façon dont il a été fabriqué. Les matières, les usines, les conditions de fabrication… (pour en savoir plus sur le « made how », il faut regarder l’historique de la marque, les labels mis en avant, ou tout simplement poser des questions en magasin ou en ligne !).

Green mais pas si clean

On retrouve aussi de plus en plus de marques mettant en avant leurs démarches responsables : actions RSE, dons à des associations, utilisation de matières recyclées, un arbre planté à chaque achat, versement d’1% du chiffre d’affaires pour la protection de l’environnement (1% for the planet) ou encore la récupération de tes vieux vêtements en te donnant 10% de réduction sur ton prochain achat. Réelle démarche écologique de la marque avec la conviction profonde qu’il faut changer les choses ou action de surface qui fait joli et qui améliore l’image de la marque en lui donnant un argument commercial de plus (ex : « ici on plante des arbres ») ?
Il y a du bon et du moins bon dans tout ça, mais un arbre planté ne doit pas cacher le reste de la forêt : où et comment sont fabriqués les produits ? dans quelles conditions ? Donc attention au « greenwashing », cette pratique qui consiste pour une entreprise à orienter ses actions marketing et sa communication vers un positionnement écologique alors que concrètement, rien n’est fait (ou presque).

Tu l’auras compris : le mot d’ordre de cet article est de se méfier des publicités et de ce qui est annoncé. Il ne faut bien sur pas voir le mal partout mais se renseigner un minimum avant d’acheter est important. N’oublie pas que par ton acte d’achat, tu soutiens une entreprise, des valeurs, des engagements, des démarches engagées. Tu contribues à financer les futurs projets de la marque, ses équipes, ses infrastructures. C’est quand même mieux de donner ton argent à une marque en accord avec tes valeurs ?

Et toi, tu as des marques à recommander ?